La Direction nationale de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) a organisé, hier à la Chambre de Commerce et d'Industrie du Niger (CCIN), la 8ème édition de la journée de diffusion des comptes extérieurs du Niger au titre de l'année 2015. Ces assises ont été placées sous le haut patronage du ministre des Finances, M. Massoudou Hassoumi en présence des représentants des institutions nationales et internationales, des acteurs du secteur économique et financier.

La première édition de la Journée de diffusion de la balance des paiements 2015 a eu lieu au Niger en août 2010. Cette initiative vise à élargir le champ de partage de ces informations et accroître la perception de leur importance dans l'analyse, la décision et la formulation des politiques économiques. Les comptes extérieurs, et singulièrement la balance des paiements, sont de puissants outils d'aide à la prise de décision et de formulation de politiques économiques. Outre la présentation des comptes extérieurs du Niger pour l'année 2015, il a été présenté une communication sur le thème ''Commerce extérieur dans les pays membres de l'UEMOA : évolution et perspectives''. Les comptes extérieurs sont constitués de trois états statistiques, que sont la balance des paiements, qui retrace dans un cadre comptable les flux de transactions économiques et financières entre résidents et non-résidents au cours d'une période donnée, généralement une année. Il y a aussi la Position Extérieure Globale (PEG), qui est un état de stocks des actifs et passifs financiers à une date donnée et enfin le compte des autres changements des actifs et passifs financiers, état de flux, qui permet d'apprécier les facteurs autres que ceux retracés dans la balance des paiements, et qui modifient la position financière d'un pays, comme les effets de change ou de taux d'intérêt.

Dans l'allocution qu'il a prononcée à cette occasion, le ministre des Finances, M. Massoudou Hassoumi, a rappelé qu'au cours de l'année 2015, l'évolution de la balance des paiements a été caractérisée par une exacerbation du déficit de la balance commerciale, attribuable à des contre-performances des principaux secteurs d'activités orientés à l'exportation. A titre indicatif, le ministre des Finances a fourni quelques chiffres. Ainsi, les recettes tirées des principaux produits d'exportation, dont l'uranium n'ont pas augmenté malgré la hausse du volume à l'exportation de 5,7%, en raison de la chute à hauteur de 13,8% du prix de vente conventionnel du kilogramme. Le pétrole a également connu une contre-performance en 2015, avec des recettes en baisse de 38%, imputable à la chute des cours sur le marché international et à des pauses dans la production, en lien avec les travaux de maintenance à la SORAZ. Les exportations de bétail sur pied, ont également connu un recul de 10,4% toujours en 2015, en raison de la mauvaise qualité, en lien avec une pluviométrie, la disponibilité du fourrage, mais également des effets de la dépréciation de la naira, ayant miné la compétitivité de ce produit exporté principalement vers le Nigeria. Les exportations d'oignons ont également chuté de 6,8% entre 2014 et 2015, suite à la baisse de la production en lien avec la baisse de la pluviométrie entre 2015 et 2016.

Néanmoins, le ministre des Finances a relevé que le secteur de l'or s'est bien comporté, avec une hausse de la production de 31,4% et des recettes en progression de 14,3%. Il en est de même du niébé avec 13% d'augmentation des exportations.

Nonobstant l'accroissement des importations d'environ 8%, qui ont concerné, dans l'ordre d'importance, les biens d'équipement, les biens intermédiaires et les produits alimentaires, ces augmentations sont conséquentes aux grands travaux, entre autres dans le domaine routier, le ferroviaire, les BIP, la rénovation des villes, l'intensification de l'électrification urbaines et rurales. Selon le ministre Massoudou Hassoumi, le solde du compte de revenu primaire s'est dégradé de 20,6%, mais faiblement atténué par le solde positif des revenus secondaires de+1,7%. Le solde du compte de capital, s'est dégradé de 5,5% par rapport à 2014, tandis que celui du compte financier s'est dégradé de 11%, imputable à une baisse de 19,2% des investissements directs étrangers. II résulte de tout ce qui précède, un solde déficitaire de la balance des paiements de 132,6 milliards de FCFA contre un excédent de 181,4 milliards enregistré en 2014.

«Le caractère structurel de ce déficit et la faiblesse de nos exportations nous interpellent sur la nécessité de mettre en œuvre des mesures urgentes visant une amélioration sensible de l'appareil productif du Niger et un renforcement de la compétitivité des entreprises orientées vers l'exportation » a conclu le ministre des Finances tout en rassurant que la poursuite des réformes engagées par le Gouvernement, visant notamment l'assainissement des finances publiques, la restructuration du secteur financier, la promotion du secteur privé et la diversification de la gamme de produits exportables, permettront éventuellement d'atteindre cet objectif. Le directeur national de la BCEAO au Niger, M. Maman Laouane Karim a pour sa part, précisé que les analyses et contributions recueillies dans ce cadre seront relayées, en vue d'étoffer l'arsenal de recommandations visant au renforcement des mesures de politique économique. Le solde déficitaire du commerce s'étant creusé au cours des dernières années, il est nécessaire de diversifier et de renforcer la base de production de l'économie, en vue de réduire progressivement ce déficit. Pour sa part, le président de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Niger (CCIN), M. Moussa Sidi Mohamed a relevé que dans un environnement caractérisé par une mondialisation accrue, il y a nécessité pour les entreprises de disposer de bonnes sources d'informations pour mieux formuler des stratégies appropriées en vue de gagner des parts de marché.

Source : www.lesahel.org (Samira Sabou - onep)

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